Les habitudes

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Nous parlons souvent de ce mot « habitudes ». Que les habitudes créent la dysharmonie ou crée une apathie, la non-envie, la procrastination… Il est vrai qu’il y a des habitudes néfastes pour soi et des habitudes agréables, positives… Néfastes ? Lesquelles ? J’ai envie de dire cela dépend de chacun, à partir du moment où les habitudes enferment quelqu’un dans quelque chose de désagréable ou empêche de… empêchent d’être dans la joie, empêchent de partager avec ceux que l’on aime, empêchent de vivre, empêchent d’être à notre propre écoute, à l’écoute de nos besoins, de nos envies… empêchent d’être à l’écoute de ce qui est « juste » pour soi, en respect avec soi, et avec autrui. Ce sont ces habitudes là qui sont néfastes pour notre évolution, pour notre bien-être ! Il pourrait être intéressant de faire une introspection, de prendre le recul nécessaire sur ces situations ; en premier lieu avoir le courage de vouloir les changer, pour ensuite, faire ce qu’il faut pour les changer… un pas après l’autre, un jour après l’autre… Le changement ne se fait pas en un jour, car nous avons tous pris des habitudes depuis que nous sommes nés.

Et quelles sont les habitudes qui font du bien ?… là aussi, pour chacun cela va être différent 🙂

Pour ma part, les habitudes qui me font énormément de bien, commencent dès le matin. Dès que je me réveille, j’ai pris l’habitude de faire des exercices de relaxation, de respirer profondément, puis de méditer. Cela peut durer 5 minutes, comme cela peut durer 30 minutes… le tout est que je sois à l’écoute de ce moment pour moi. Parfois il y a des choses qui émergent, l’intuition, des idées d’exercices pratiques, des choses à mettre en place dans ma vie… parfois, c’est juste un moment pour me centrer, me connecter de l’intérieur, pour m’ancrer dans le moment présent et lâcher tout ce qu’il y a à lâcher (doutes, peurs…). Parfois les pensées s’évadent, et c’est ok également. Dès que je m’en aperçois, je me centre au niveau de ma respiration…

Chaque matin, je prends cette habitude car cela me fait énormément de bien. Cela me pose, m’ancre et je ressens à chaque fois, l’énergie qui circule, des picotements, des frissons. Je ressens mon corps, ma respiration, ce qui est présent. Cela m’apaise du dedans, cela me réjouit, cela me donne de la force, de l’énergie, et cette sensation/impression que dans ces moments-là tout est possible ! Car oui, je suis convaincue que tout est possible ! Et que c’est nos pensées, croyances, limites que nous vivons parfois (consciemment ou inconsciemment) qui nous empêchent de ressentir toutes ces possibilités que la vie nous offre ; encore faut-il être à l’écoute des signes, des messages (un livre, une parole d’une ami ou d’un inconnu, une chanson…)

Depuis des années que je « travaille » sur moi, je me sens de plus en plus ancrée dans ma vie, dans ce que j’aspire à être, ce que j’aspire à vivre.. Des années de labeur certes, parfois facile, parfois difficile, parfois très difficile ; avec cette impression que parfois la chute est rude, tomber toujours plus bas, toujours plus profond…. et quand, enfin, je lâche la volonté d’un résultat particulier, (car je ne pouvais plus rien faire d’autre que lâcher), cela s’ouvre, la vie m’ouvre des portes, me donne la possibilité de remonter la pente et de m’épanouir dans mon quotidien.

Ce sont ces habitudes du matin que je vis, que parfois je « m’oblige à vivre » car parfois j’ai la flemme… (méditation, relaxation, respirations..) car je sais que ces moments sont bénéfiques pour moi, pour me reconnecter à moi. Et qu’il n’y a que moi qui puisse le faire pour moi. Il n’y a que moi qui puisse m’apporter ce à quoi j’aspire depuis longtemps. L’amour de soi, le non jugement !! par toujours facile c’est sûr ; le partage, partager sans avoir peur de donner, sans avoir peur que l’on me prenne quelque chose… c’est quoi ce quelque chose ?

Pouvez-vous dire ce que vous avez peur que l’on vous prenne ?

Un exemple… une personne que j’ai rencontré propose des ateliers avec des enfants, dans un club. Quand elle a su que je proposais des ateliers enfants, relaxation, gestion du stress etc.. elle m’a demandé si elle pouvait assister à une séance ? Je lui ai dit oui, bien sûr! et quand elle m’a dit pourquoi, j’ai senti en moi, un blocage.. l’ego ? Elle m’a dit qu’elle voulait avoir des pratiques pour donner aux enfants afin que les séances qu’elle propose, puissent leur procurer détente… j’ai senti en moi un blocage.. j’ai senti qu’une partie de moi ne voulait pas, car cette partie avait peur qu’elle « prenne » mes outils et qu’elle en profite !! qu’elle prenne mon job. j’ai observé ces pensées, ces peurs. Je les ai accueillies, sans me juger et j’ai senti en parallèle une autre partie en moi qui, elle, est complètement ok pour donner, pour transmettre ; donner ces outils à cette personne, pour qu’elle puisse à son tour les transmettre à ces enfants qui en ont plus que besoin au quotidien.

Alors oui, parfois je sens ces réticences à vouloir donner sans compter.. car l’ego veut être sur le devant de la scène. il veut contrôler, il veut être sous les projecteurs, il est le meilleur ! ?? (qu’il croit…).

Et, en parallèle, je sens aussi en mois une autre partie qui veut donner sans compter et que c’est juste. Juste pour moi, de moi à moi et juste avec cette autre personne.

Quand je sens mes peurs, je les regarde sans les juger. J’entends mes propres besoins (de reconnaissance, sur mes valeurs… et mes peurs…) et j’entends ceux de la personne en parallèle. Je ressens ce qu’il se passe en moi, grâce à cette situation que la vie m’amène à vivre…

Et me direz-vous, quel rapport avec le temps que je m’accorde le matin ?

Hé bien, justement, ce temps que je m’accorde le matin me permet d’intégrer pleinement qui je suis et ce que je vis, et comment je le vis. Ce temps me permet de lâcher ces peurs, lâcher cet ego qui veut contrôler, qui veut le pouvoir. Le pouvoir sur moi et sur la vie. J’observe cela, par le biais de la méditation. Je sens ce qu’il se passe dans mon corps, dans ma tête et j’accueille cela, j’accepte cela… et cela s’évanouit car je reste avec et je ne me bats pas « contre »…. se battre contre quelque chose qui ne nous convient pas ou contre quelqu’un renforce la problématique ; c’est lui donner plus de pouvoir (à la situation ou à la personne). Accueillir ce qui est, c’est le transformer… ça se transforme, tout seul, avec le temps, l’expérience, la patience.

Tous ces moments que je m’accorde, chaque matin, me permettent de me poser en moi, de m’accueillir, d’accueillir mes faiblesses sans me juger, sans les juger et comme je les accepte, elles n’ont plus lieu d’être et s’apaisent en moi… Ces moments que je m’offre le matin sont un vrai moment de bonheur, de ressourcement. Un moment où je connecte la joie, la paix, la douceur…

Et parfois, le matin, je n’ai pas le temps. Ou plutôt je ne prends pas ce temps. Et devinez quoi ? Hé bien ces matins-là, je me sens moins bien ancrée dans le moment présent, je me sens moins centrée dans mon corps ; je ne ressens pas l’énergie de la même manière ; je me sens un peu coupée de moi. J’exagère ? Hé bien non, j’en fait l’expérience chaque matin, que je prenne du temps pour méditer ou non.

Ce temps est un joyau, c’est primordial pour moi. Et je ressens de la gratitude chaque matin pour ce temps que je m’offre à méditer. Je médite pour ce que je vis, pour ce que j’accepte, pour ce qu’il m’est difficile d’accepter. Je remercie chaque jour, ce que je vis, que cela soit facile ou non. Car selon mon point de vue, toute expérience amène quelque chose. De chaque expérience ressort quelque chose.

« Qu’est-ce que je vis à l’intérieur de moi quand je vis cette expérience ? »

Plutôt que de me dire « qu’est-ce que cette personne me veut ? Pourquoi elle me fait ça ? Elle veut me prendre quelque chose ? ou se dire que ce n’est pas juste... ».

Je me dis : « qu’est ce que je vis lors de cette situation ?  Qu’est ce que cela me fait à l’intérieur ? Qu’est ce que je ressens comme sensations, comme émotions ? ». Et là, l’information passe, parce que je me mets à l’intérieur de moi, je suis en introspection, sans accuser l’autre de ce qu’il me dit ou fait… Qu’est-ce que la situation vécue me révèle sur moi ? Qu’est-ce que cette situation vient me dire sur moi ? Sur mes croyances ? Sur mes limites ? …

Plus j’accueille, plus cela se transforme.
Plus je contrôle, plus je rejette un fait ou une personne, plus cela se renforce…
Je suis persuadée que vous avez déjà fait l’expérience de cela, non ?

Et quand je ne peux pas accueillir ce que je vis ? J’accepte (malgré tout) de ne pouvoir accueillir ce que je vis… Quand j’en veux à « l’autre » de ce qu’il me dit ou me fait et que je ne peux accueillir. Quand je n’arrive pas à accepter une situation… J’accepte d’en vouloir à cette personne (sans pour autant lui faire de mal), j’accepte de ne pouvoir accepter la situation que je vis.. et j’attends que cela se transforme, car cela se transforme toujours ; parfois il faut du temps, pour autant ce qui est sûr c’est que cela se transforme dès qu’il y a acceptation de ce qui est (car il est impossible de changer ce qui est, ce qu’il s’est passé). On ne peut changer ce qui a été. On ne peut changer les événements qui se sont passés, aussi douloureux soient-ils. Ils ont été, on les a vécus. On ne peut revenir sur le passé, on ne peut revenir en arrière…

Il n’est possible de changer que ce qui est en soi, que ce qui dépend de soi, en accueillant ce qui se vit en soi, et comment cela se vit en soi… c’est le premier pas pour aller vers soi. Car il est impossible de changer les autres.Et ces moments que je m’octroie le matin, ces moments dès le lever, m’amènent à des prises de conscience, à poser et à laisser être ce qui est, pour m’accueillir dans ce que je vis.

Ceci est mon expérience et vous avez votre libre arbitre pour accueillir, ou refuser ce qui est – à faire ce premier pas, si le cœur vous en dit, ce premier pas vers vous-mêmes.

Plus l’homme a d’habitudes, moins il est libre et indépendant – Emmanuel Kant
ça dépend lesquelles 🙂

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