Atelier parent / enfant

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Cet après midi, atelier parents/enfants (enfants à partir de 6 ans pour le plus jeune et 12 pour le plus âgé). J’avais déjà fait un atelier avec les enfants seuls, il y a 15 jours et aujourd’hui, les parents étaient avec leurs enfants. Premier rendez-vous ensemble…

Présentation des mamans et de leurs besoins… certaines les connaissaient, d’autres n’ont pu les exprimer… Premier contact !…

Puis j’ai posé un cadre de vie, ensemble : respect mutuel, écoute, non jugement. Chacun peut avoir une vision différente des choses, et c’est ok ! Possibilité d’exprimer ou non, de participer ou non…
Ai posé également que les mamans étaient dans un cadre différent de leur quotidien, et qu’elles pouvaient « lâcher » leur enfant, que je m’en occupais 🙂 quelque chose a lâché en elles… ouf (pour elles..) elles n’avaient pas à faire attention à leurs enfants et à être derrière 🙂

Ce qui est ressorti des attentes : comment gérer les émotions des enfants… hé oui, comment les gérer ? Et comment gérer ses propres émotions également ? Car l’un ne va pas sans l’autre.

Explications de l’effet miroir… et des émotions, qu’elles soient agréables ou désagréables… elles sont là pour exprimer quelque chose, un besoin, assouvi ou non. Nous avons tous les mêmes besoins, cependant la manière de les nourrir diffèrent selon chacun… et le moment également diffère. Nous n’avons pas les mêmes besoins au même moment…

Pour apaiser un enfant, il est nécessaire de déclencher une hormone (l’ocytocine) qui est sécrétée quand nous sommes en contact physique avec quelqu’un..
7 secondes sont nécessaires pour calmer les circuits nerveux (Isabelle Filliozat), bien sûr, parfois plus.. cependant être pris dans les bras apaisent… testez…

Puis, petit moment pour ressentir comment chacun se sent dans son corps, dans l’instant présent… Certains étaient joyeux, d’autres fatigués, d’autres tristes ou en colère.

1er cas pratique : prendre une situation réelle où le parent demande quelque chose à l’enfant et l’enfant n’écoute pas le parent et ne fait pas ce qu’il lui dit, où l’enfant exprime, par la colère par exemple, son mécontentement…».

Donc, poser la situation à l’enfant (réelle, sans interpréter, ni juger…) :
Quand tu fais / dis / quand je te demande… et que (décrire la situation…)

Ressenti de la situation – dans quel état je me sens (émotion / sentiment) :
Je me sens…. (description de sa propre l’émotion présente lors de la situation prise comme exemple)

Puis définir le besoin que l’on a dans ladite situation
J’aurai besoin de (définition de son propre besoin… lors de la situation décrite).

Et enfin : Est ce qu’il serait possible de… (trouver un moyen qui me convienne bien sûr, correspondant à mon besoin, tout en posant un cadre souple qui pourrait convenir à l’enfant également où il a le choix, entre 2 choix… L’enfant est pris en compte et a le choix de sa décision, et n’a pas ce sentiment que le parent exige quelque chose de lui.

OUI, c’est la méthode de la CNV (Communication non violence de Marshall Rosenberg)

Il est important de dire que : quand je dis à un enfant, « fais ça ! », bien sûr j’aimerais qu’il le fasse maintenant… Cependant, encore une fois, nous n’avons pas les mêmes besoins au même moment.. ce qui génère souvent conflit, stress.

Par contre, si je dis à l’enfant ce que je vis à l’intérieur et ce dont j’aurais besoin, avec une solution qui POURRAIT convenir aux 2, il y a tout d’abord écoute mutuelle… et ensuite possibilité de trouver un chemin d’entente… SI SI c’est possible !!

Vous allez me dire, « c’est pas facile au quotidien ! »
Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas l’habitude de parler comme cela !
Nous ne prenons pas le temps, nous parons au plus pressé et vu que je suis parent, c’est comme ça, et c’est pas autrement.. oui, je sais .. c’est pas facile, c’est vrai.. pour autant c’est possible.

Car, que je sois parent ou enfant, quand je sens que « l’autre » exprime ses émotions et me parle de lui, je suis plus à l’écoute que quand il me juge, où me dit « c’est nul quand tu fais ça » « c’est bête », « arrête ça de suite et fais ça », « tu m’énerves quand… ».
Il n’y a pas d’écoute du parent.. alors pourquoi voulez-vous que l’enfant vous écoute ?

Chaque parent a pris avec lui son enfant et a expérimenté le cas pratique.

Bien sûr, cela n’est pas évident, car nous ne prenons pas le temps de poser nos émotions et nos besoins. Fais ça, maintenant, point ! On n’est pas dans la communication, mais dans l’exigence.. .(j’en sais quelque chose 😦 Dans cette situation, l’enfant ne se sent ni entendu, ni compris dans son besoin (qui est différent de celui du parent : « range ta chambre dit le parent »… oui, mais l’enfant a besoin de place, de prendre sa place…).

Chaque parent a donc décrit une situation réelle, avec l’émotion générée et le besoin présent et a posé une demande, dans un cadre souple, qui lui convienne et où l’enfant a le choix dans 2 possibilités… Chaque enfant a également joué le jeu !

Vous me direz, ce n’est qu’un jeu !
Hé oui ! Et c’est là où ça devient intéressant…
Car, à partir de ce soir, parent/enfant mettent en place ce besoin défini par le parent et ont décidé, ENSEMBLE de le mettre en place !!
Chaque enfant a décidé de ce qui lui convenait
et le parent a posé son besoin dans une limite qui lui convenait.

2ème cas pratique : même chose, situation vécue et posée par l’enfant pour son parent…
Idem, quand tu fais / dis ceci.. je me sens.. j’aurais besoin de… Est ce que …

Quand on parle des émotions, inéluctablement, des émotions ressortent !! 🙂 hé oui, et c’est là que c’est génial ..
en général, on a tellement peu l’habitude de poser / de parler de ses émotions,
que quand on OSE exprimer ce que l’on ressent,
les émotions ressortent vraiment !!
C’était magique !!! vraiment !!
pas facile pour certains, mais vraiment impressionnant !

Après chaque besoin posé et accepté par « l’autre », un grand câlin pour sceller l’accord…

Au-delà de l’exercice pratique, qui aura l’effet qu’il aura sur les familles ;
ce que j’ai voulu amener aux parents ainsi qu’aux enfants,
c’est qu’il est possible, plutôt que d’imposer une volonté, une vision…
(parce que nous sommes parents et que nous savons mieux, n’est-ce pas…), dire que quelque chose nous touche et que cette même chose
est à l’encontre de nos besoins présents,
puis nous autoriser à exprimer et poser ce qui nous conviendrait..
si l’autre est ok bien sûr..
pour autant, souvent « l’autre » est ok car il parle de lui-même…
cela permettrait plus de douceur, d’écoute, de bienveillance..

Encore une fois, peu importe le résultat, l’important est de poser ses limites, ses envies/besoins… tout en respectant les besoins de l’autre (qui peuvent être différents des nôtres bien sûr) ; Pour autant en posant ce dont j’ai besoin et en mettant un cadre où l’autre est responsable et prend ses responsabilités dans ce qu’il a choisit et quand il entend l’émotion que cela génère en « l’autre »… ne pensez vous pas que cela peut changer la donne ???

Moi je pense que si !! en tout cas ces 2 exercices ont montré, que même si c’était des exercices, parents et enfants l’ont vécu du dedans comme bien plus qu’un exercice !! ils étaient vrais, authentiques, à l’écoute de ce qu’il se passait en soi et en « l’autre »…

Alors, je ne vais pas vous dire que cela va marcher à 100 % bien sûr, d’abord parce que c’est le premier atelier parent/enfant, et ensuite, qu’il faut du temps pour changer ses habitudes de communication et/ou de non communication ! ceci dit, je vous en dirai plus dans 1 mois, pour le prochain atelier parent/enfant.

Puis, j’ai proposé un moment pour se poser, un moment de méditation. Chacun se mettait là où il voulait, allongé, assis, parent / enfant ou enfant et parent seul…

Puis j’ai vu un enfant (je l’appellerai A) qui me semblait bien triste… je suis allée le voir et lui ai demandé ce qu’il avait ? A est incroyablement sensible et sait poser ses émotions avec le mot juste… Il m’a dit qu’il se sentait seul et qu’il avait besoin d’ami… je lui ai demandé si je pouvais être cette amie ? Pas de réponse..

Je lui ai demandé, si quelqu’un dans la salle pouvait être son ami ? Il m’a dit que oui, et il m’a dit qu’il aimerait un cadeau de cet ami. Je lui ai demandé si le fait qu’il reçoive un cadeau prouvait qu’une personne était son amie. Il m’a dit que oui. Puis il m’a donné le prénom de l’enfant avec lequel il aimerait être ami (je l’appellerai B).

J’ai appelé B et lui ai demandé s’il voulait bien venir et écouter ce que A avait à lui dire. B est d’accord, se lève et rejoint A et moi. A demande à B s’il veut bien être son ami ? B ne répond pas de suite.. Puis A demande à B s’il veut bien lui faire un cadeau. Je dis à A qu’il devait faire attention à ce qu’il allait demander à B, pour être sûr que B, d’une part soit d’accord et surtout qu’il puisse lui offrir ce cadeau. A a demandé un cadeau à B qui ne lui était pas possible de donner… Un temps… Puis B, après réflexion, dit à A qu’il est d’accord pour être son ami.
Alors je demande à B s’il serait d’accord de faire un cadeau à A (et surtout qu’il peut dire non…). Tout d’abord, Il me dit qu’il ne sait pas trop quel cadeau faire à A.. Je lui propose de réfléchir.. puis d’un seul coup B me dit, « ça y est, je sais quel cadeau lui offrir.. ». A demande à B : « ah bon -GRAND SOURIRE de A-, c’est quoi le cadeau ? ». B ne veut pas lui dire -GRAND SOURIRE de B-, car il préfère lui faire la surprise.
Je demande à A si c’est d’accord pour lui d’attendre le prochain atelier pour que B lui donne son cadeau ? A me dit c’est ok ! Et je redemande à B si c’est ok pour qu’il donne ce cadeau la prochaine fois à A ? il me répond oui également…
Puis gros câlins entre A et B… B repart s’asseoir et A est super heureux.. oufff ! il a un ami et il va bientôt recevoir un cadeau de sa part…

Un enfant triste et seul s’est transformé en enfant serein, avec un ami.. Puis As’est allongé sur sa maman et la méditation a pu commencer…

Ouahouuu !! quelle belle expérience avec ces enfants !! Juste un moment d’écoute et pouffff tout se transforme !! GRATITUDE !!!!

Alors, la communication non violente ? Possible ou pas possible ?

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