Progression des séances enfants

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4 séances avec un groupe d’enfants

Pour la première séance, je commence comme d’habitude : un moment pour la prise de contact et faire connaissance.

Puis une première consigne leur ai donnée, simple ; tout le monde y arrive. Puis j’ajoute une deuxième consigne ; les enfants intègrent, y arrivent. Puis, en plus des deux premières consignes, j’en ajoute une troisième. Cela commence à être un peu moins facile, et encore une quatrième consigne (qui est de faire toutes les consignes le plus rapidement possible). Les enfants stressent, perdent leurs moyens, réfléchissement, se bloquent et du coup n’arrivent pas à mettre en place ce qui a été proposé. Je vous rassure c’est fait exprès !

Je leur demande comment ils ont vécu cette séance, avec toutes les consignes à prendre en compte en même temps ? Les réponses sont inévitablement : stress, panique, angoisse, perte de ses moyens… Je souris intérieurement car je me dis que c’est normal ! 🙂

Deuxième séance : Je leur explique les raisons pour lesquelles je leur ai proposé la première séance avec des consignes de plus en plus difficiles et à faire de plus en plus vite.

« Quand je suis dans la précipitation, le stress augmente
ce qui me fait souvent perdre mes moyens.
Je réfléchis moins bien et je réussis moins bien
parce que justement je me dépêche ».

Et pour les amener à intégrer ce que je leur explique, je leur propose un jeu, complètement différent de la première séance, à savoir : prendre son temps.

Pour se faire, j’ai amené différents instruments qui font du bruit (cymbales, cloche…). Les enfants se mettent par équipe de 3 : le premier prend un instrument, marche lentement, le plus lentement possible, en respirant tranquillement, et doit faire en sorte que l’instrument bouge le moins possible ; puis il le ramène au camarade suivant, qui expérimente la même chose, le plus lentement possible jusqu’à ce que chacun ait expérimenté tous les instruments.

Certains instruments, dès que les enfants les touchaient se mettaient à chanter, d’autres chantaient moins…

Cette consigne simple, de prendre son temps, certains l’ont expérimentée pleinement, et d’autres, sont allés vite, comme s’il y avait quelque chose à gagner. Je rappelle les consignes à chaque changement d’instrument.

Puis retour de cette expérience : qu’ont-ils vécu à l’intérieur ? Comment était-ce, pour chacun, de prendre son temps ? Comment ont-ils vécu le fait de respirer lentement et de regarder, chaque pas ?

Les réponses étaient très intéressantes :
« ça m’a fait du chaud à l’intérieur »,
« ça s’est apaisé à l’intérieur »,
« je me suis senti d’aller lentement »,
« ça m’a fait du bien de respirer tranquillement »,
« je n’ai pas l’habitude d’aller lentement, ça fait bizarre »,
« je ne vais jamais lentement, et là, ça fait tout bizarre à l’intérieur »…

Super !! résultats très positifs ! Ils ont pris conscience et ont comparé les deux situations : la première séance où le but était d’aller vite et la deuxième où ils devaient prendre leur temps ; temps pour respirer, temps pour marcher, temps d’aller lentement…

« Dès que je prends le temps, j’arrive plus facilement à réfléchir et ça se détend à l’intérieur » Ils me sourient 🙂

Pour la troisième séance, je leur ai proposé d’expérimenter la coopération par le jeu. Par équipe de trois, ils devaient inventer une histoire, ou prendre une histoire déjà existante (bande dessinée, film, dessin animé…) pour la jouer ensuite devant leurs camarades, comme dans une pièce de théâtre, sans parler, en mimant. Les équipes qui les regardent jouer doivent poser des questions pour trouver quelle est l’histoire mimée.

Les consignes à prendre en compte étaient : « chacun s’exprime dans le groupe, chacun donne son avis, on écoute tout le monde et chacun amène ses idées et de ces idées le groupe crée une histoire. Chacun décide du rôle qu’il veut jouer ET lors de la mise en scène, expérimentation de la communication non verbale.

Je leur laisse le temps de réfléchir, de voir ensemble, de poser des questions entre eux, de décider entre eux de ce que chacun souhaite expérimenter comme rôle, et comment le jouer. Puis le temps écoulé, chaque groupe joue l’histoire qu’il a décidé en commun.

Au-delà du rôle trouvé et joué, je leur ai posé des questions sur leur vécu : « Comment a été vécu pour chacun le fait de s’exprimer ? Est-ce que chacun s’est senti écouté ? Entendu ? Comment avez-vous fait pour être écouté ? Est-ce que chacun a pris sa place ? Comment vous y êtes vous pris ? Est-ce que chacun a choisi son rôle choisi ?… ».

Au niveau des réponses, certains ne se sont pas sentis écoutés. Certains ont trouvé qu’il y avait un meneur et que lui seul décidait. D’autres ont trouvé qu’ils ont été écouté et entendu. D’autres ont trouvé leur place facilement.

Je les ai interpellé, dans leur manière d’être, de faire. Je leur ai demandé, s’ils pensaient avoir laissé la place aux autres ? S’ils trouvaient qu’ils ont été à l’écoute de leurs camarades ? … Hé bien, OUI pour tous, chacun a estimé avoir écouté les autres, avoir respecté, avoir entendu etc…

« Je les ai interpellé de nouveau sur la notion suivante : ce qui se vit en moi, ce que je crois, n’est pas forcément ce qui se vit en l’autre ou ce que croit l’autre ».

D’où l’intérêt de poser des questions, de voir comment je me sens, ressens, comment l’autre se sent, se ressent…

ce qui nous nous amène à la quatrième séance 🙂

Comment me positionner ? Comment gérer les conflits entre camarades ? Comment exprimer mon ressenti ? mes besoins ?

Consignes : trouver une personne, si possible dans le groupe présent, avec laquelle j’ai eu un souci qui n’a pas été réglé et qui me reste encore en travers de la gorge.
Les binômes se forment et j’explique comment procéder (sur la base de la communication non violente Marshall Rosenberg).

« Voilà, la dernière fois que tu m’as dit … / que tu as fait.. » (rappeler les faits concrets, parler de la situation sans jugement.. (j’observe et je décris ce que j’ai vécu).
J’ai été… / Cela m’a fait… (parler de ses émotions).
J’ai besoin … / j’aimerais que… (poser son besoin par rapport à la personne) – respect, écoute, gentillesse…
Puis, Comment fait-on ensemble ensemble ? Suis-je d’accord avec ce que mon/ma camarade souhaite ? ».

Bien évidemment, cela n’a pas été facile, car le jugement sur l’autre arrive de suite, « l’autre ne fait pas ce que JE veux » .. et Moi je ne fais pas ce que veut « l’autre ».

Je redonne le cadre et la manière de poser les choses. J’explique par l’exemple. Petit à petit, avec leurs cas concrets, nous sommes arrivés à poser les conflits et chacun à réussi à poser son besoin et certains ont réussi à trouver une solution, ensemble.

Je leur explique qu’il est important de poser les choses quand il y a une situation qui ne convient pas et de dire ce qui se vit à l’intérieur de soi (émotions, sensations…), et sans juger l’autre par rapport à ce qu’il a fait ou dit, à ce qu’il veut ou ce qu’il ne veut pas. Nous n’avons pas les mêmes envies au même moment pour autant, chacun est responsable de la relation qu’il entretient à l’autre. Chacun peut poser son envie, ses besoins.

Ce qui est également ressorti de ce « jeu de rôles », c’est que certains enfants avaient un conflit entre eux, sauf qu’ils ne se souvenaient pas de la problématique.
J’interviens en expliquant qu’il est très important de se souvenir au moins de la situation pour bien la poser. Si je dis  « la dernière fois tu m’as dis quelque chose de pas sympa.. (et je ne me souviens pas de ce que « l’autre m’a dit), comment est ce que je peux transformer la situation si je n’ai aucun souvenir de ce qu’il s’est passé ?

Je les invite à prendre une situation claire, simple qui s’est passée récemment et dont ils ont encore un souvenir clair.

Des tensions se sont apaisées, des visages éclairés… Oui, il est possible de régler les situations quotidiennes, les conflits quels qu’ils soient, en posant ce qui se vit en soit. Il suffit juste d’apprendre aux enfants de poser les choses entre eux et souvent, cela s’arrange tout seul.

Puis moment de méditation, poser, relâcher, respirer, se détendre profondément. Aller toucher la douceur à l’intérieur, encore plus profondément et poser un mot sur son ressenti du moment.

Sur 9 enfants, tous étaient joyeux 🙂 voire très joyeux…
1 était triste. Pourquoi ? parce que c’était la dernière séance 🙂

Je lui ai expliqué qu’il pouvait pratiquer avec ses camarades ce que nous avons appris, durant ces 4 séances.

Je lui ai demandé « en dehors du fait que tu sois triste que ce soit la fin des séances, tu te sens comment, là, maintenant ? »
Réponse : « très joyeux » !!

Vivre le moment présent, sans se projeter vers hier, ou demain… juste là, maintenant. Et, là, maintenant, tout va bien !!!!

C’était une bien belle progression vécue entre eux, entre eux et moi…
Et Moi, comment je me sens ? : très joyeuse !!

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